La communication au cœur du télétravail


Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST) considère que la communication avec l’employé est le désavantage principal pour l’employeur lors du télétravail.(1) En second lieu vient le maintien de communications appropriées avec les autres employés ou les clients.

Il n’y a pas à en douter, les communications sont au cœur du télétravail. Sans elles, le travail à distance serait voué à l’échec.

La firme « BORDEAUX Conseil » quand à elle, dans Travail collaboratif sur Internet, Les plateaux projets, souligne en se servant du travail de Serge K. Levan(2), que «C’est … la performance de la communication au travail qui détermine la performance du processus projet»

Si la communication est si importante pour la réussite du travail à distance, comment se fait-il que lors d’une entrevue(3) sur le sujet, Serge K. Levan ait dit:

« Les ouvrages sur le management de projet explorent essentiellement la préparation, la planification, le pilotage ou la gestion de projet, mais ils ignorent les aspects liés à la communication au travail »

Pourquoi cet aspect semble-t-il négligé lors de la mise en place du travail à distance?

En réalité, cet aspect est négligé par manque de conscience du problème. Après tout, si l’acteur est coopératif et responsable, il devrait être en mesure d’assurer la rentabilité d’un travail à distance, n’est-ce pas?

Prenons l’exemple d’un groupe d’étudiants à distance en formation universitaire ayant l’intention d’accomplir un travail commun.(4) Le groupe est composé de personnes coopératives, responsables et ayant une volonté commune de bien accomplir leur travail.

Ils proposent diverses idées sur un bureau virtuel et même de se rencontrer éventuellement en salle de clavardage pour accomplir le travail. Quelques jours avant la date de remise du travail, l’un des membres s’affole, évaluant que le travail demandé exigera plus de temps que ce qui reste. Il essaie tant bien que mal d’écrire à ses collègues mais n’obtient aucune réponse. Paniqué, il se résigne à accomplir le travail par lui-même sur la base de ce qui avait été établi précédemment avec ses collègues. Mis au courant, ses collègues ne comprennent pas.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné? Le groupe d’étudiants semblait pourtant dynamique, sérieux et déterminé. De plus, ils avaient établi une méthode de communication par le biais du bureau virtuel et les échanges d’idées progressaient bien. Pourtant, à un moment X, l’un des membres du groupe a « paniqué ». Peut-être que ce membre était trop perfectionniste ou qu’il manquait d’expérience. Peut-être qu’en réalité les autres membres avaient bien estimé le temps de travail. Qu’aurait dû faire notre groupe pour éviter cette situation?

« BORDEAUX Conseil » répond à cette question dans cette phrase toute simple : « Sur le plateau virtuel, il est indispensable que la communication médiatisée puisse être directe, d’individu à individu »

Ainsi, il n’était pas suffisant à notre groupe d’étudiants d’échanger des courriels et des messages sur un forum. Ils devaient communiquer en temps réel (en clavardant par exemple). Ainsi, ils auraient été en mesure de comprendre les attentes des autres et de mettre en place un temps de travail à l’objectif commun.

« BORDEAUX Conseil » conclut en disant :
«Le plateau projet virtuel ne doit pas (et ne peut pas) figer la communication dans des règles incorporées aux outils. »

Ainsi, la communication ne doit pas être restreinte par un outil fixe (i.e. : un forum) au dépend de la communication directe (i.e. : clavardage, téléphone, etc.).

Ce billet avait pour but de faire prendre conscience de l’importance de la communication dans le travail à distance et de la nécessité d’implanter une méthode de communication directe afin de s’assurer de l’homogénéité des idées émises et perçues.

Patrice Villeneuve, 10 février 2010

Sources:
1. Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail. [En ligne] Page consultée le 8 février 2010
2. Serge K. Levan, Co-auteur du livre [Travail collaboratif sur Internet : Concepts, méthodes et pratiques des plateaux projet] Page consultée le 8 février 2010
3. Entrevue avec Serge K. Levan. [En ligne] Page consultée le 8 février 2010
4. «Ce récit est une fiction, non un témoignage. Il décrit une réalité qui n’est pas forcément celle dont le lecteur a fait lui-même l’expérience» .(5)
5. Alain Robbe-Grillet (Dans le Labyrinthe)

*Notes : Certaines références sont à même le texte en hyper lien.

2 commentaires

  1. 10 avril, 2010 à 2:01

    Le travail à distance est très bénéfique, il nous permet de gagner en temps et nous permet de faire d’autres choses à la fois. Par exemple pour les femmes enceintes ou bien pour le cas de celles qui doivent s’occuper de leurs enfants, elles pourront à la fois bosser et s’occuper de leur éducation. Aussi pour les étudiants qui ont plusieurs boulots à la fois, ils pourront faire leur travail et à un moment de la journée se concentrer sur leurs occupations.
    Mais toute bonne chose à des inconvénients: le travail à distance peut favoriser la paresse( je me fais une pause de 30mn, je vais sur facebook voir ce que font mes amis et beaucoup d’autres choses de ce genre qui font ue le travail à faire est retardé.

    • 11 avril, 2010 à 10:13

      Effectivement! D’ailleurs l’excellent article de Marie-Hélène Taillon, intitulé « Les désavantages sociaux du travail à distance », faisait justement référence à la nécessité d’avoir de bonne dispositions d’esprits pour effectuer un travail à distance.


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